C’est quand tout a basculé que mon parcours a commencé

Photo de Judith Warnier en train d'écrire

Je m’appelle Judith et, pendant longtemps, la nourriture a été à la fois mon refuge et mon combat.

Tout a commencé quand j’avais 5 ans. J’étais une enfant en bonne santé, insouciante, jusqu’à cette visite chez le médecin qui a dit à ma mère que j’étais "en surpoids". À partir de ce jour-là, tout a changé. Ma mère, inquiète, m’a emmenée voir mon premier diététicien et m’a imposé des régimes. Moi, je ne comprenais pas. Mais très vite, j’ai développé des compulsions : je me jetais sur les aliments interdits chez moi quand j’étais chez les autres, je mangeais en cachette, je ne rêvais que de junk food.

À l’adolescence, les choses se sont aggravées. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée à vivre sous le même toit que mon père qui avait été jusqu’alors assez absent. Il allait mal et moi aussi, la nourriture est devenue mon seul réconfort, mon seul refuge. Je me sentais hideuse, énorme, comme si mon corps était un ennemi. J’avais l’impression que ma valeur en tant que personne dépendait du chiffre sur la balance. Pour être aimée, je devais être plus mince, plus discrète, différente de ce que j’étais.

L’obsession du poids : une spirale infernale

J’ai tout essayé pour perdre du poids. Régimes sans glucides, hyperprotéinés, Weight Watchers (j’étais la plus jeune de mon centre, à peine 10 ans), soupes miracles, jeûnes, coupes-faim, laxatifs… Mais rien ne marchait. Et chaque échec me faisait me sentir encore plus nulle.

En 2015, j’ai perdu 20 kilos grâce à un "rééquilibrage alimentaire" – qui était en réalité un régime déguisé. Pourtant, même avec ce poids en moins, je ne m’aimais pas. J’en voulais toujours plus. Quand mon corps a commencé à résister, j’ai rechuté. On m’a conseillé d’introduire des "aliments plaisir" une fois par semaine, mais après 9 mois de restriction, c’était impossible. Les compulsions sont revenues de plus belle. J’ai repris du poids et, pendant 7 ans, j’ai vécu entre stabilité précaire et crises incontrôlables.

Le déclic : apprendre à comprendre mon corps

J’ai alors cherché de l’aide. Une psychiatre comportementaliste m’a accompagnée pendant trois ans. Ce soutien m’a fait beaucoup de bien, mais malgré tout, les crises persistaient. Je sentais que j’avais besoin d’une approche plus concrète, plus incarnée.

J’ai suivi une rééducation alimentaire et commencé à me reconnecter à mes sensations. J’ai appris à écouter mon corps autrement, à sortir du cercle infernal du contrôle et des compulsions. Pendant un temps, cela m’a aidée. Mais peu à peu, je me suis rendu compte que je recommençais à dépasser les limites de mon corps et à m’en déconnecter. J’avais le sentiment d’avoir apaisé le symptôme, sans jamais toucher à la racine du problème. Il me manquait quelque chose de plus profond.

Je connaissais la théorie sur le bout des doigts… alors pourquoi m’était-il si difficile de la mettre réellement en pratique ?

C’est en entamant un travail avec une thérapeute que quelque chose s’est enfin éclairé. J’ai compris que cette addiction à la nourriture était une façon de me dissocier, de me protéger : de l’intrusion de ma mère, de la violence de mon père. La nourriture n’était pas un refuge. Elle avait été, pendant longtemps, un moyen de survie.

Femme en tenue de sport assise devant l'océan. Le soleil se lève.

Une vie plus douce, une liberté retrouvée

Aujourd’hui, je ne fais plus de crises. Mais malgré tout, je me rappelle cette solitude immense que j’ai ressentie pendant 25 ans. Ce sentiment d’être anormale, différente, piégée.

Et pourtant, la vie que je mène aujourd’hui est aux antipodes de tout cela. J’ai appris à prendre soin de moi avec bienveillance, à manger sainement sans restriction, à faire du sport avec plaisir et à cultiver des relations saines et apaisées. J’ai compris que l’important n’était pas d’atteindre un idéal imposé, mais de me sentir bien dans ma vie et dans mon corps, telle que je suis.

C’est pour ça que j’ai décidé d’accompagner les femmes : pour qu’elles n’aient plus à traverser ça seules. Parce que les compulsions ne sont pas une fatalité. Parce que notre corps est le reflet de notre histoire. Parce qu’une autre vie est possible : une vie plus douce, plus libre, où l’on peut enfin s’aimer et savourer sans culpabilité.

Photo de Judith Warnier tout sourire assise avec un bouquet de fleurs au premier plan

Si mes mots résonnent en toi, sache que tu n’es pas seule.

Nous pouvons avancer ensemble.

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